C'est aux côtés de Lalo Lopez et du Cejas, et face à des Xajay que Joselito Adame fête son 20° anniversaire. Tarde qui s'annonce bien vu la présentation de très bonne qualité des 6 adversaires de cinq ans, mais qui en réalité va s'avérer désastreuse pour le jeune hydrocalide.
Avec près de 6000 spectateurs dans les gradins (soit un peu moins de la moitié de leur capacité), Jose et Arturo était très attendus, ce qui n'était pas réellement le cas de Zotoluco car l'année précédente il avait eu une forte confrontation avec un des spectateurs et c'était emporté (j'aurais tendance à dire : comme d'habitude !) alors que Joselito a été nommé « maximo triunfador » de Guadalajara et de la saison.
Dès lors que le capote de paseo était étendu sur la barrera, l'ensemble du public lui a demandé de sortir au tercio pour saluer et recevoir une ovation pour son anniversaire, geste touchant ! Avec la noblesse qui le caractérise, Joselito demande à ses camarades de le rejoindre en piste pour recevoir également une ovation, effaçant ainsi l'altercation que Zotoluco et lui avaient eue à Moroleon en janvier dernier (je rappelle que l'apoderado de Zotoluco a dit à celui-ci quelque chose comme ça : « no te preocupes haremos todo para que no vuelvas a torear con ese niñato de mierda »). Mais Zotoluco l'a totalement ignoré et n'a même pas daigné le regarder...
Rappelons que cette corrida devait avoir lieu avec Miguel Angel Perrera le 26 octobre 2008, mais qu'étant gravement blessé lors de son encerrona dans le coso de Las Ventas del Espiritu Santo, elle avait été repoussée jusqu'au 30 novembre. Or à cette date, celui d'Estrémadure expérimentait des complications quant à sa remise sur pied. C'est donc Arturo Macias el Cejas qui l'a remplacé à ce jour du 22 mars 2009.
Premier adversaire : Il s'agit d'un toro plutôt sérieux, avec beaucoup de trapio mais surtout avec de grandes complications comportementales : charge incertaine, parado, ne se donnant pas, manso. Le toro fuit la pique, le picador reçoit un avis pour avoir passé la ligne de délimitation, la cuadrilla harcèle le toro en querencia au lieu de lui donner un peu d'air et empirent la situation. Selon les commentateurs, cet exemplaire a montré des conditions taurines bien pires que celles de ses frères, devenant ainsi le pire toro de la soirée. Le public réclame la pose de banderilles qu'il sait si magique chez Adame, mais les journalistes pensent que ce ne serait pas judicieux, et de toute évidence le concerné non plus étant donné qu'il a refusé. Et c'est à ce moment là que certains se sont rendu compte que le toro ne voyait pas bien d'un ½il car il n'a pas chargé les banderilles de façon nette et en bonne direction. Pendant la faena de muleta, le toro recule, refuse la charge, et quand par bonheur et presque miracle cela se produit, il cherche le visage de ses cornes... Joselito à ce moment doit prouver toute sa capacité à s'adapter et améliorer cet animal de piètre qualité. Mais les spectateurs soutiennent Joselito qu'ils portent dans leurs c½urs et font preuve d'espoir et de patience jusqu'au moment où, après un pinchazo et une demie estocade, ils finissent par désespérer.
Joselito s'en ira avec des palmas.
Second adversaire : Bien présenté également, mais violent et dangereux dans sa manière de charger. A tel point qu'il désarme par deux fois le picador qui a fait un vol plané de plusieurs mètres. Il est brutal et soudain et envoie souvent la tête en l'air, très près du visage de Jose. Sur celui-ci, bien que ça ne s'annonce pas d'une grande facilité, il décide de la banderiller et met trois superbes paires comme à son habitude, impeccablement placées et avec beaucoup de classe. Palmas pour remercier et encourager notre aztèque. Et il va en avoir besoin de courage ! Le toro commence à donner des signes de mansedumbre, commence à se diriger vers les tablas, et ne laisse entrevoir que de très maigres possibilités de travail et de triomphe. Un vent fort se lève et le public est témoin d'une grande lutte entre toro et torero, entre charge brutale et incertaine, et courage, effort et intelligence. La muleta est mise très bas, l'émotion se fait sentir dans les gradins, une émotion créée par la peur et la majorité des spectateurs présents commencent à réclamer « un toro de regalo » avec leurs « Uno ! Uno ! ». Sous la pression et l'envie d'avoir une chance supplémentaire de faire ses preuves, Joselito Adame accepte et met à mort son deuxième exemplaire de Xajay. Une estocade entière et une ovation.
El de regalo : Le vent s'est installé bien confortablement dans le redondel, accompagnant les charges de la bête qui semble avoir plus de mouvement, plus de souffle. Ce toro, sans nul doute, présente de bien meilleures qualités que les six précédents, offrant ainsi une possibilité à Adame de sortir une oreille en main, comme ses compagnons. Et pour ce faire, il torée les mains descendues jusqu'au sol quasiment et avec lenteur (tant que l'animal lui permet). Arrivent les banderilles : entrega, jeunesse et savoir-faire lui valent de chaleureux applaudissements. Et là, reprise de ses esprits, essoufflé par l'effort physique qu'il vient d'accomplir accru par le fait de se trouver à 600m de hauteur qu'impose cette région du Méxique. Le public attend Joselito Adame ; il faut dire que c'est presque sa place de prédilection ! Il y a torée six fois depuis sa prise d'alternative en septembre 2007, sortant systématiquement comme triomphateur ! Le public se tait, le regarde et savoure. Joselito exécute des muletazos de beaucoup de goût et de classe. Mais l'adversaire a peu de souffle et est peu endurant ce qui mène la faena a menos. Il pinche au moment de la mort celui qui lui enlève le peu de chances qu'il avait de recevoir une oreille. Le public l'ovationne car il aime sa tauromachie pure et authentique.
Résultats : toros bien présentés mais très compliqués dans l'ensemble avec des idées bien noires ! Une oreille au deuxième de Zotoluco et El Cejas et Joselito Adame applaudissements à ses deux premiers puis ovation au toro offert.
Candice M.